Accéder au Réseau
On nous a longtemps parlé des enjeux de la fracture numérique : Une ligne de séparation virtuelle entre les haves et les haves not. Ceux qui ont les moyens d’être connectés - et les autres. Ceux qui vivent dans une zone permettant l’accès haut-débit - et les autres.
Bien heureusement, des choses ont été faites pour répondre à ces questions centrales. Et aujourd’hui, la France est plutôt bien placée lorsqu’elle se compare aux autres pays. La couverture de l’accès à l’ADSL et ADSL+ progresse tous les jours. Le nombre d’abonnés aussi. Des accès publics sont proposés pour ceux qui ne sont pas équipés d’informatique ou de connexion chez eux. Des initiatives de démocratisation des nouvelles technologies sont proposées pour briser les enclâves générationnelles, culturelles et sociales.
Et la tâche n’est pas terminée ! Mais elle est suffisamment avancée pour que l’on se préoccupe du maillon faible suivant sur la chaîne de l’information.
Nous pouvons lister les maillons suivants :
- Disposer d’un accès technique au Réseau
- Savoir écrire, consulter et s’orienter sur le Réseau
- Trouver l’information que l’on recherche
- Qualifier l’information que l’on a trouvé
Pour accéder à l’information…
Les deux premières étapes sont donc en vue. Avec les outils de recherche actuel, nous avons le sentiment que la troisième étape est aussi acquise - à tort.
Tout d’abord, il ne fait nul doute que de nombreux progrès seront faits en ce sens : la prochaine génération de systèmes de fichiers qui permettra aux utilisateurs de s’affranchir des logiques de répertoires en qualifiant directement les fichiers constituera en soi un outil d’indexation appréciable.
D’autre part, à mesure que l’indexation est améliorée, nous supportons de moins en moins bien le bruit des réponses non-pertinentes.
Enfin, la difficulté à trouver une information de proximité “idiote”, toute simple (les horaires d’ouverture de la piscine, l’adresse du square où se tient la kermesse…) et que l’on sait disponible sur d’autres support agace de plus en plus !
L’enjeu de l’hyperlocalité se joue là.
… Il faut s’assurer que l’information est mise à disposition
Comment admettre que je puisse plus facilement savoir ce qui se passe dans une banlieue de l’Ohio demain soir, que dans les 6 kilomètres autour de mon domicile ?! Comment comprendre que je connaisse plus facilement les horaires d’ouverture de la piscine dans la commune d’à côté que dans la mienne ? Pourquoi y a-t-il une différence d’intensité d’échanges d’un quartier à l’autre de Paris ?
Ce sont des déceptions qui n’ont pas de justification possible au regard du faible coût marginal de mise en ligne d’une information que l’on a sous la main.
Car l’information existe : elle est généralement disponible dans le classeur de la secrétaire de mairie, ou à l’accueil. Or, le plus souvent, les décideurs qui détiennent l’information (par exemple, les maires) expliquent en toute bonne foi que mettre en ligne ces informations ne bénéficiera qu’à la minorité des connectés. Il faut avancer avec moins de préjugés en la matière.
La réalité, c’est qu’une information mise à disposition on-line peut facilement passer off-line - alors que l’inverse est plus complexe.
La réalité, c’est qu’une inégalité de citoyens se met en place en fonction de la politique de mise en ligne de l’information qui est pratiquée. Notons qu’une banlieue peu connectée (mais disposant de quelques associations relais dynamiques accédant à une bonne imprimante ou photocopieuse) est susceptible de bénéficier plus efficacement de cette diffusion en ligne que certains quartiers mieux connectés.
Il ne faut plus seulement se poser des questions de chaine technique. C’est une condition préalable mais sans plus. Il faut comprendre comment se diffuse l’information sur un bassin donné. Et comprendre que l’information mise en ligne ne reste pas prisonnière de l’écran de l’ordinateur. Elle est bien souvent véhiculée ensuite par la parole ou le papier.
Mais pour cela, il faut que l’information soit rendu disponible de la manière la plus souple possible.
Et le Blog dans tout ça ?
Le Blog est un outil souple qui permet de bénéficier d’un retour. La diffusion broadcast est une première priorité pour que les habitants sachent que les opportunités de rencontres et d’activités sont plus nombreuses qu’ils ne le croient.
Mais qui a besoin d’un retour sur les horaires de piscines, me direz-vous ? Le directeur de la piscine pour être informé des nouvelles habitudes d’emploi du temps familial de ses clients.
Mais pourquoi un flux RSS sur des informations aussi statiques que les horaires de piscine ? Car, le jour où la piscine doit fermer pour cause de filtre cassé, la mairie pourra éviter à ses concitoyens de se déplacer pour rien - et leur rappeler les films à l’affiche, ainsi que la fête foraine qui est arrivée en ville la veille…

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